Peux-tu te présenter à ceux qui ne te connaissent pas encore ?
Je m’appelle Gabriela, j’ai 54 ans et je vis à Nantes depuis toujours. On me décrit souvent comme une femme chaleureuse, pulpeuse et très à l’écoute. J’ai les cheveux châtain courts, un regard sombre qui paraît-il intrigue beaucoup, et une poitrine généreuse qui fait souvent partie des fantasmes que mes interlocuteurs imaginent au téléphone.
Mais au-delà du physique, ce qui me définit vraiment, c’est ma manière d’être avec les gens. J’aime créer une atmosphère de confiance, presque intime, même simplement avec la voix. On me dit souvent que j’ai un rire doux et une manière un peu malicieuse de parler.
Je suis quelqu’un qui aime jouer avec les mots, laisser planer un peu de mystère. Au téléphone rose, tout passe par l’imaginaire. Alors je prends le temps de guider les fantasmes, de faire monter la tension doucement. C’est un peu comme raconter une histoire… sauf que cette histoire se construit à deux.
Ton parcours est assez surprenant. Comment es-tu arrivée dans cet univers ?
Pendant plus de trente ans, j’ai travaillé dans la vente. Une vie assez classique finalement. J’étais mariée, j’ai élevé mes deux enfants et je pensais suivre un chemin très ordinaire. Puis il y a eu mon divorce, qui a été un vrai tournant dans ma vie.
Au début, je me suis sentie un peu perdue. Et puis j’ai commencé à réfléchir à ce que j’avais envie de vivre pour moi. J’ai toujours été quelqu’un d’assez libre dans ma tête, avec une certaine sensualité que je n’avais jamais vraiment assumée.
Une amie m’a parlé du tel rose, presque en plaisantant. L’idée m’a fait sourire… puis intriguer. J’ai essayé, un peu par curiosité. Et très vite j’ai compris que j’avais trouvé quelque chose qui me correspondait.
Ce travail m’a permis de redécouvrir une partie de moi-même. À 50 ans passés, je pensais avoir déjà vécu beaucoup de choses, mais finalement je me suis rendu compte que je pouvais encore me surprendre.
Comment décrirais-tu ton style quand tu échanges avec un homme au téléphone ?
Je dirais que je suis douce mais audacieuse. J’aime prendre mon temps, installer une ambiance. Ma voix est assez grave et posée, et j’aime chuchoter certaines choses comme si la personne était juste à côté de moi.
Souvent, les hommes qui appellent veulent surtout se sentir écoutés et désirés. Alors je les fais parler, je les taquine un peu, je joue avec leurs idées.
Et puis petit à petit, l’imaginaire prend le relais. Je décris parfois un regard, un geste, une situation. Pas besoin d’aller trop loin pour que la tête de l’autre se mette à voyager.
Je crois que mon âge apporte aussi quelque chose de particulier. Beaucoup d’hommes me disent qu’ils aiment parler avec une femme mûre, plus expérimentée, plus sûre d’elle. Une sorte de complicité s’installe, presque comme si on se connaissait depuis longtemps.
As-tu déjà vécu une situation inattendue liée à ton activité ?
Oui, et justement cela me rappelle une histoire assez amusante. Un jour, j’étais dans un café du centre de Nantes. J’attendais tranquillement mon café quand un homme s’est assis à côté de moi au comptoir.
Au bout de quelques minutes, il m’a regardée avec un petit sourire et m’a demandé si ma voix avait toujours ce côté… enveloppant. J’ai ri, un peu surprise. Il m’a expliqué qu’il pensait m’avoir déjà reconnue au numéro rose qu’il appelait parfois.
On a commencé à discuter, et très vite il s’est mis à me parler à voix basse, presque en murmurant à mon oreille comme s’il me connaissait déjà intimement. L’ambiance était un peu irréelle.
Ce qui était drôle, c’est que nous étions dans un endroit public, entourés de gens, mais il y avait entre nous cette petite tension complice. Rien de vraiment déplacé, mais une sensation très intense. C’était à la fois amusant et très flatteur.
Tu parlais de fantasmes. Y en a-t-il un que tu aimerais réaliser un jour ?
Je crois que j’ai toujours été attirée par le frisson de l’interdit. L’idée d’une situation un peu inattendue, dans un endroit où l’on ne s’y attend pas forcément.
Par exemple, imaginer un moment très complice dans un parc calme, ou même dans une bibliothèque silencieuse… ces lieux où tout est censé être tranquille. Le contraste entre le calme de l’endroit et l’électricité entre deux personnes peut être très excitant dans l’imaginaire.
Ce que j’aime surtout, c’est la tension du moment, les regards, les mots chuchotés. Finalement, le désir commence souvent bien avant les gestes.
Qu’est-ce que ce métier t’a appris sur les relations et le désir ?
Il m’a appris que le désir passe énormément par l’imaginaire. On pense souvent que tout est physique, mais en réalité la voix, les mots et l’attention jouent un rôle énorme.
J’ai aussi compris que beaucoup de gens ont simplement besoin de se sentir compris et acceptés. Parfois les conversations deviennent presque des confidences.
Et pour moi, c’est aussi une façon de rester connectée à la vie. À 54 ans, je me sens encore curieuse, encore pleine d’énergie. Ce travail me rappelle que le désir et la sensualité n’ont pas d’âge.
Un dernier mot pour ceux qui seraient tentés de t’appeler ?
Je leur dirais simplement de venir sans peur et sans masque. Au téléphone, on peut être soi-même, explorer ses envies, discuter librement.
Avec moi, tout commence toujours par une conversation, un sourire dans la voix… et ensuite, qui sait où l’imagination nous emmènera.